J'ECRIS ET CHASSE LE HANDICAP

24 novembre 2010

J'écris et chasse le handicap prologue

http://www.copyrightdepot.com/image2/sceaux/sceau1ah.gif
Droits d'auteur enregistrés
CopyrightDepot.com sous le numéro 00049357-1

PROLOGUE

 

 

AU FIL DES KĺLOMÈTRES D’ÉCRĺTURE,

UNE EXİSTENCE SE DÉROULE

UNE RÉALİTÉ AU QUOTİDİEN

À LA MĺNUTE OÙ ELLE SE PRODUİT

JOUR APRES JOUR.

 

AVEC À LA MÉMOİRE UN VÉCU PAS BANAL

QUI MÈNE LE LECTEUR PAR LA MAİN

POUR PARTAGER CETTE EXPÉRIENCE DE VİE.

 

JOURNAL DE BORD, FİLM DOCUMENTAİRE ?

BOUGER AU GRÉ D’UN RÉCİT

ET DE SES DİGRESSİONS

C’EST VİVANT, CHARNEL ,

SOUVENT DRÔLE SUR DES SUJETS

POURTANT SÉRĺEUX.

ON SE LAĺSSE PRENDRE AU PĺÈGE

DE CETTE ÉCRĺTURE

QUĺ MANGE DES KĺLOMÈTRES

AVEC LA RAGE DE VĺVRE EN PARTAGE.

Pour vous faciliter la navigation dans le texte, vous avez à droite les catégories et archives, il vous suffit de cliquer sur l'épisode souhaité pour qu'il apparaisse. A gauche, derniers messages avec titre, il suffit de cliquer sur le titre souhaité.

Les textes de François Geoffroy sont en italiques.

Bonne lecture et n'oubliez pas de donner un avis mail: prospective21@free.fr

Posté par m_meyer à 17:48 - - Commentaires [1] - Permalien [#]


Explorer le corps humain N°1

épisode1

Mes jours sont héroïques, épiques, je navigue jusqu’aux limites de l’inconcevable. Comment mon corps résiste à un pareil martyre ? Je touche à l’insondable, à l’inouï, ça va faire trente ans que j’explore les limites du corps humain. Quand j’ai quitté l’hôpital, un docteur avec beaucoup de mansuétude, avec une humanité à fleur de peau, m’a dit que la science ne pouvait faire davantage et que dans trois ans au moins, on m’opérerait mais que ce sera très difficile, il faudrait que j’y pense pour assurer l’existence de mes enfants.

Je n’ai alors rien compris, j’étais une réussite chirurgicale, même ma jambe droite avait été sauvée grâce à un super chirurgien, grand physicien capable, en fonction de ma morphologie,de faire fabriquer un enclouage en mesure de réparer mon fémur trop brisé. Et mon corps n’a pas fait de rejet.

Même dans le coma, j’étais décidée à rester entière. Je ne savais pas ce que j’avais mais mon esprit voyageait au-dessus de mon corps et surveillait les soins prodigués. Quand la soignante n’était pas suffisamment experte, il m’était commandé de tout foutre en l’air, j’ai provoqué un sacré bordel. Sept drains arrachés malgré une main rafistolée et un avant-bras en marmelade qui n’a pas tenu le coup. Il a fallu le réopérer, l’os s’effritait, les plaques ne tenaient plus. Le toubib, en manches courtes, avait les biceps gonflés pour raboter ce cubitus afin que d’autres plaques bien vissées puissent tenir. Comment je le sais, je vous le dirai plus tard.

Aujourd’hui, je ne veux parler que d’aujourd’hui, je suis trop fatiguée pour en dire davantage. Je fais d’ailleurs une pause pour rebrancher mon neurostimulateur sinon je vais souffrir toujours plus. Ataleur !

Posté par m_meyer à 17:50 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

25 novembre 2010

Les Parinauds N°2

Episode2

Me voilà. Je ne me relis pas car aujourd’hui, ce n’est pas possible. A un seuil dépassé de douleur, ma vue, déjà mauvaise, tombe si bas qu’il ne me reste que quelques Parinauds. Les Parinauds, c’est quand on n’a plus de dioptries mais on n’est pas complètement aveugle alors la capacité de vue restante est mesurée en Parinauds. du nom de celui qui a mis au point ce système de mesure. Il devait être du côté des gouvernants. Le médecin peut constater que cette personne a encore une acuité visuelle, ce n’est donc pas une handicapée, elle peut se débrouiller seule. Chic, pas de frais d’assurances sociales, même si le déficit s’accroît.

Quand je suis au plus mal, mon déficit oculaire s’amplifie et rien pour le combler comme la caisse d’assurance maladie qui plonge sans cesse. Ma planche d’écriture donne dans l’impressionnisme, je ne reconnais pas grand chose de ce que j’ai écrit. En plus, les lignes forment des vagues, parfois c’est de la vraie houle, ça me rappelle l’océan en rage à la Pointe du Raz. Mon grand père maternel était de la Pointe du Raz. J’aime bien. Je veux dire l’océan en furie. Mon grand père venait de mourir quand, à sept ans, je suis arrivée à Brest, ville dévastée par les avions américains, la force US voulait chasser les Allemands alors elle a tout nettoyé, les Bretons illico. Et mon grand père crachait du sang à cause du gaz moutarde de la Première Guerre Mondiale. Il a fini par succomber quand la Seconde Guerre finissait. Je ne l’ai pas connu. Je ne sais donc pas s’il était aimable. Il paraît qu’il faut aimer ses ancêtres, comme j’étais une fillette obéissante, obéissance nécessaire à ma survie, je l’aimais assurément. M’aimait-il ? Pourquoi m’aurait-il aimée ? Il ne me connaissait pas mais c’était un homme droit, un capitaine de l’armée coloniale donc il aimait cette petite fille qu’il ne connaissait pas. Pour preuve, j’ai trouvé, dans un tiroir de sa maison que sa veuve vidait, un coffret avec un couvert en argent gravé à mes initiales. Emerveillée, je l’ai montré à ma grand mère qui s’en est vite emparé, il brillait tant, et je ne l’ai plus jamais revu.

C’est bizarre, mais les lignes de mon précédent paragraphe sont droites. Vivre dans ce corps est une expérience époustouflante.

Un jour, j’ai dit à mon médecin traitant, je voudrais pouvoir déposer mon corps sur une chaise et dire

- mettez vous dedans, il vaut la visite.

Le docteur a souri et m’a dit

- Comme d’habitude, vous êtes drôle et vous dites cela si gentiment.

Peut-être qu’un jour ce sera possible. Finalement, une autopsie, c’est pour visiter un corps et voir ce qu’il avait. Ce serait mieux de pouvoir le faire quand il est vivant et de voir comment il est possible de le réparer. Moi, on ne me fait que des examens pour dire combien il est délabré et parfois, ça ne sert à rien sauf à creuser le trou de la sécurité sociale et à me donner du souci, je ne voudrais pas devenir une larve pourtant, je ne sais pas comment y mettre fin car je crains de me faire mal sans parvenir au résultat escompté. Y en a qui prennent des médicaments en excès et restent barjots, ça je ne veux pas. Je voudrais mourir en dormant avec le visage radieux comme après avoir fait l’amour. Et ceux qui aiment à se rassurer diraient que j’ai vu Dieu.

 

Posté par m_meyer à 13:47 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

N°3 referendum et pub à la télé

Episode3

Le cerveau va très vite, il a écrit tout un livre et moi, son exécutante, je suis bien lente alors que le temps passe trop vite, il n’arrête pas de courir. D’ailleurs mon neurostimulateur ne cesse de biper, ça vaut dire que 90 minutes sont passées.

Donc, j’arrête, je vais regarder un peu TMC. C’est une chaîne que j’aime bien quand je n’ai pas la forme. Elle repasse toujours les mêmes téléfilms. J’adore Corinne Touzet, elle est belle aussi bien en civil qu’en uniforme. Je m’en fous que ce soit les mêmes épisodes, je relève chaque fois d’autres détails et si j’ai besoin d’aller aux toilettes, comme je connais déjà l’histoire, ce n’est pas grave, ça me permet même de contrôler l’aptitude de mon cerveau à reconstituer les passages manquants. Notre gouvernant suprême a supprimé des plages publicitaires sur les chaînes publiques et augmenté la taxe audio visuelle pour parler à la télé avant l’heure du film.

Il a déclaré tout de go

- C’est grâce à la suppression de la publicité que je peux vous parler à cette heure-ci.

Moi  je vous dis

- Qu’il a permis à Bouygues de mettre sur TF1 plus de pub pour être invité en remerciement. Notre Président adore fréquenter les plus riches et Bouygues en fait partie.

Je vous susurre à l’oreille, surtout ne le répétez pas, je n’ai pas la santé pour avoir des ennuis avec le Pouvoir établi, que le patron de TF1 n’a de cesse de s’enrichir avec les cadeaux de l’Etat car il est aussi crapule que ceux qui dirigent

- Si notre Président, qui aime tant nous parler, aime vraiment le peuple, il aurait dû lui demander son avis. Doit-on supprimer la pub sur les chaînes publiques ?

Il paraît qu’il a modifié la constitution et inscrit le droit du peuple à recourir au référendum. Baliverne. Il impose tout pour faire croire qu’il a des idées et fait beaucoup de choses alors qu’il s’offre, à nos frais, des baignoires en or pour l’espace d’un après-midi de consultations entre Chefs d’Etat et en plus, il ne s’en sert pas. Même nos voisins allemands s’en sont gaussés. En Alsace, on reçoit les chaînes allemandes et beaucoup de gens les regardent. Ma fille aînée habite en Allemagne et quand je voulais lui dire l’histoire de la baignoire en or, elle le savait déjà. Alors, j’ai raconté d’autres choses comme les 150 CRS qui gardent jour et nuit la Lanterne, un pavillon de chasse du Château de Versailles que le Président s’est fait aménager en résidence principale, l’Elysée, c’est juste bon pour ses bureaux.

Comme ça, on a pu en conclure qu’il était maboule et ma fille était contente de sa chancelière, même si elle n’est pas ce qu’on appelle une belle femme. Mais elle s’affirme comme elle est et ne ruine pas l’Etat avec des frais d’Institut de Beauté alors que les femmes ministres en France ont toutes l’air de s’être fait ravaler la façade, peut-être pour donner une image de la beauté française. J’appelle cela de la gabegie et qu’il serait temps d’y mettre fin au lieu de se serrer la ceinture pour une crise qui n’en est pas une. Là-dessus bonsoir, vous devrez attendre le prochain épisode.