épisode 79

Je n’écris plus en dehors des réponses à des mails.

François Geoffroy et moi avons tenu ce blog pendant 80 épisodes en comptant celui à venir. Il est possible que vous retrouviez François sur son propre blog. Si c’est le cas, je vous le ferai savoir. Il était séduit par l’idée d’un roman à quatre mains et m’a envoyé un texte drôle pour démarrer le processus.Très mal en point depuis trop de temps, ma vue qui se carapate et tout mon organisme qui se dégrade n’encouragent pas la bonne humeur. Alors le professeur refait surface et exige un effort soutenu dans tous les paragraphes.A 58 ans avec une invalidité mal digérée, les pinailleries d’un professeur qui rappelle ceux que l’on n’a pas écoutées dans le jeune âge deviennent insupportables.

Pour moi, les choses doivent lui paraître aisées. et pourtant, je peux passer jusqu’à trois heures sur l’un de ses textes pour peaufiner, être le plus proche de sa pensée.Quand tout est dit  limpidement, l’effort d’écriture est fort heureusement gommée, il n’est pas facile de concevoir qu’il y a un tel travail.Et après cela, j’éteins l’ordinateur, je n’écris rien de moi-même et je me sens flouée.En plus, rester devant un clavier trop longtemps fait que je souffre exagérément, lombaires, intestins, rien de réjouissant.

Quand la machine est si grippée, on ne propose pas un travail en équipe.Tout est de ma faute à vouloir faire comme si la forme était là.

Sous peu, mes 70 ans.Et en prévision, la venue de ma fille aînée et de ma benjamine avec leur famille. Alors, je tente de faire bonne figure et de combattre cette fatigue accablante. Quand je dis à du voisinage mes 70 ans proches, c’est l’étonnement, je continue à faire illusion. Tant mieux. Je conserve une expression à mon regard ce qui masque ma malvoyance et je maintiens un x avec mes lèvres pour avoir l’air souriant.Je viens de refaire des semelles orthopédiques et la marche en est meilleure.Pour ce qui est du reste, je fais fonctionner mes muscles pour stopper la descente d’organes puisque ma réaction d’instinct est la bonne. Pas d’opération possible mais en cas de situations pénibles, recours à un pessaire. Pas la joie. La résistance du corps ne cesse de m’étonner ainsi que l’instinct de vie. Bizarre cet accroche à la vie alors que la douleur inviterait à la démission. En plus, je vivais avec ma rage de triompher en littérature. Mes ambitions se sont éteintes mais j’aime à savourer la poésie des grands classiques. A la télé, je participe aux jeux de connaissances et je suis plutôt bonne, même en calcul mental, chacun y aura reconnut des chiffres et des lettres.