épisode 8é

Mon expression lapidaire pour évoquer ma grnd-mère était pour en faire entendre plus sans avoir à développer les situations qui permettaient cette affirmation. quand j'ai commencé ce blog, je me demandais si j'aurais le courage de parler de l'enfance. Elle est une plaie vive et le pire : est-ce l'enfance bafouée ou le corps meurtri par un chauffard. Au centre de rééducation,une kiné m'avait dit que j'avais une expérience inégalée de la souffrance physique. Je suis restée un moment sans comprendre qu'elle me parlait de l'accident subi et intérieurement, je pensais que le drame de l'enfance était peut être pire. J'ai esquissé un sourire sans rien dire qu'un hochement de tête perplexe, interrogatif.

Trente ans après cet accident de la route, dans l'échelle de la douleur, je placerai en premier plan la douleur physique. Je n'arrive pas à la juguler, je suis totalemet dépendante d'elle, elle annihile mon énergie, je dors de longues heures, j'en éprouve de la satisfaction mais bien peu de temps car la douleur revient au galop et empeste mon existence.

  1. Mais j'avais envie de faire le point. François Geoffroy me dit que je parle parfois de l'enfance donc pas de l'accident et de ses conséquences. Mais il a été si rude de sortir des tribulations de l'enfance que je trouve que l'accident de la route est d'autant plus injuste, il vient briser ce que j'ai construit, ce sera irréparable et m'obligera à endurer des souffrances chroniques.  J'ai fui l'enfance saccagée mais que faire avec un corps qui souffre même en marchant à petits pas, "à trotte-menu" come le dit si bien Alphonse Daudet dans l'une des lettres de mon moulin.